Le vendredi 25 septembre 2026, la MJC de Saint-Martin-en-Haut accueillait la restitution de la recherche-action menée par Basile Dury, consacrée aux jeunes adultes dans les Monts du Lyonnais. Une soirée d’échanges autour des liens sociaux, de l’ancrage local et du pouvoir d’agir des jeunes sur leur territoire.
Les 18-25 ans dans les Monts du Lyonnais : quelle place sur le territoire ?
Intitulé « Modes de vie, engagement et pouvoir d’agir des 18-25 ans dans les Monts du Lyonnais à l’épreuve d’une recherche participative », ce travail est né d’un constat : les politiques publiques jeunesse de la Communauté de communes s’arrêtent aujourd’hui à 17 ans. Mais qu’en est-il des jeunes adultes ? De leurs modes de vie, de leurs besoins, de leurs envies et de leur capacité à agir sur leur territoire ?
Pendant six mois, Basile Dury a mené une recherche participative en associant directement les jeunes à différentes étapes de la démarche. Ils et elles ont notamment contribué à la création et à la diffusion des outils de collecte de données, à travers des ateliers imaginés par les jeunes eux-mêmes, comme la cartographie sensible, ou encore un questionnaire rédigé par leurs soins.
« Être du coin » : une ressource sociale
Parmi les notions abordées lors de cette restitution, celle du capital d’autochtonie a particulièrement retenu notre attention.
Il désigne l’ensemble des ressources que procure l’appartenance à des réseaux de relations localisées. Autrement dit, il renvoie aux avantages liés à l’ancrage local : connaître les habitants, disposer de relations, bénéficier d’une réputation ou d’une confiance déjà établies, connaître les lieux et les codes du territoire.
Dans les Monts du Lyonnais, cet ancrage peut faciliter de nombreux aspects de la vie quotidienne : accéder à un emploi, à un logement, trouver une activité, obtenir facilement de la considération ou encore participer à la vie du village.
À l’inverse, lorsqu’on arrive sur un territoire sans disposer de ces réseaux, il peut être plus difficile de rencontrer des personnes, de comprendre les fonctionnements locaux, de trouver un logement ou un emploi, et parfois même de se sentir légitime à prendre part à la vie collective.
Un ancrage qui peut aussi devenir une contrainte
Les échanges de la soirée ont permis de mettre cette notion en perspective à partir d’expériences concrètes et parfois intimes.
Le nom de famille et les relations familiales peuvent, par exemple, faciliter les rencontres, ouvrir des portes ou créer une confiance immédiate. Mais cet ancrage peut aussi peser sur la construction de sa propre identité. Être constamment associé à sa famille, à son histoire ou à sa réputation peut devenir une contrainte dont on cherche à s’émanciper.
L’ancrage local n’est donc pas uniquement un avantage : il peut être à la fois une ressource et un élément dont on souhaite prendre de la distance.
Trouver sa place se construit aussi avec le temps
Le capital d’autochtonie n’est pas nécessairement hérité. Il peut également se construire progressivement, au fil des rencontres et des expériences.
S’installer quelque part, participer à la vie locale, rendre service, s’engager dans une association : autant de manières de tisser des liens et de trouver peu à peu sa place sur un territoire.
Ce rapport à l’ancrage évolue aussi au cours d’une vie. À certains moments, on peut chercher à s’éloigner de son réseau familial pour construire sa propre identité. À d’autres, on peut s’appuyer sur ces relations pour mener un projet, trouver des ressources ou traverser une période de changement.
Quel rôle pour les associations ?
C’est ici que cette réflexion rejoint particulièrement le travail de Lou Novio Jouen et la MJC de Saint-Martin-en-Haut et le réseau solidaire de proximité que nous construisons autour des jeunes.
Les associations peuvent jouer un rôle essentiel pour faciliter les rencontres et contribuer à réduire les inégalités liées à l’accès aux réseaux locaux.
Devenir bénévole, participer à un projet collectif ou s’impliquer dans la vie associative permet de rencontrer de nouvelles personnes, d’accéder à des informations, de développer des projets et de tisser des liens avec les habitants du territoire.
L’enjeu n’est pas de donner un réseau aux jeunes, mais de créer les conditions pour que les liens se tissent, que les ressources circulent et que chacun et chacune puisse progressivement trouver sa place.
Créer des espaces de rencontre pour agir ensemble
Un grand merci à Basile Dury pour son travail et pour cette belle soirée d’échanges.
Cette restitution nous rappelle à quel point le lien social et les réseaux de proximité peuvent être des leviers concrets de pouvoir d’agir. Elle confirme également l’importance de créer des espaces où jeunes nouvellement arrivés et habitants du territoire peuvent se rencontrer, échanger et construire ensemble.
À la MJC de Saint-Martin-en-Haut, nous sommes convaincus que la vie associative est aussi une manière de faire territoire, ensemble.
